Interlude Photographique

Un photographe en vadrouille

Exploration culturelle et découverte du monde

Laon, à l’assaut de la montagne couronnée

20 mars 2024 | Aisne

La ville de Laon est l’un des plus grands secteurs protégés de France, rassemblant plus de 80 monuments historiques, que je vous propose de découvrir au fil d’une promenade de 10 km idéale pour s’organiser une journée touristique au pays des moines et chevaliers !

La ville de Laon est l’un des plus grands secteurs protégés de France avec 370 ha (3,7 km), rassemblant plus de 80 monuments historiques, 6 km de remparts et nombre d’œuvres de Street Art. Comme présenter dans mon article dédié à la cité médiévale c’est par moment un petit labyrinthe de ruelles où on peut découvrir par hasard quelques curiosités. Autant dire que ce n’est pas forcément facile de s’y retrouver même si l’office du tourisme a mis en place cette année des panneaux de balisage et d’information assez efficace, et suggère deux nouveaux itinéraires pour faire le tour de la ville Haute.

Je vous propose donc de découvrir Laon en suivant un itinéraire de ma réflexion qui vous fera passer par la plupart des points d’intérêts de Laon et apprécier certains des plus beaux panoramas sur la région du Laonnois. C’est une boucle d’un peu plus de 10 km, qui se découpe en deux parties dont le milieu vient se croiser à proximité de la cathédrale. Ce choix a comme côté pratique que vous pourriez décider de suivre la première partie le matin, profiter d’une pause le temps d’effectuer la visite guidée de la cathédrale ou des sous-terrains qui ont lieu en début d’après-midi, puis repartir explorer le reste de la butte. Dans un premier temps je vous emmènerais donc découvrir l’est de la ville haute, avec la citadelle, les remparts, et quelques ruelles autour du musée archéologique du Pays de Laon, pour revenir à deux pas de la cathédrale en passant par la porte d’Ardon et les remparts de l’ancienne abbaye Saint-Jean. La seconde partie vous fera partir dans le secteur ouest et sud de la butte en suivant les fortifications pour les quitter de temps en temps pour apprécier certaines rues et lieux emblématiques. En soi c’est un tracé qui ne présente aucune difficulté, hors itinéraires secondaires comme la cuve Saint-Vincent.

Mais d’abord, pour ceux n’ayant pas encore lu l’article présentant Laon, un petit paragraphe résumé sur la cité médiévale. Pour les autres je vous donne rendez-vous à la partie suivante et sur la place devant le parvis de la cathédrale qui sera notre point de départ !

Laon, la montagne couronnée

Laon dans l'Aisne
Laon est la préfecture du département de l’Aisne, à égale distance de Reims, Soissons et Saint-Quentin c’est un point de passage obligé quand on va de Paris à la Belgique ou de Reims à Lille. Elle se situe à 2 h de voiture de Paris et 1 h 30 en train. La ville se divise en deux parties, la ville basse moderne et la ville haute qui correspond à l’ancienne cité médiévale.

Cette cité fortifiée siège à 80 m d’altitude sur une butte de roche calcaire verdoyante dont le point culminant est sa cathédrale de style gothique. Qu’importe par où vous arrivez à Laon, il vous est impossible de manquer ce magnifique spectacle qui lui a valu le surnom de « montagne couronnée ». Sur son plateau, la ville haute garde au sein de ses 6 km de remparts la splendeur de son patrimoine médiévale, c’est comme un voyage dans le temps au gré des ruelles pavées, des maisons bourgeoises de pierres et autres constructions classées. Souvent témoin de l’histoire de France, dont elle a brièvement été la capitale, son centre historique sauvegarde plus de 80 monuments dans ce qui est aujourd’hui le plus vaste secteur sauvegardé de France.

Quelques virages en lacets vous mèneront du plancher des vaches aux pieds des murailles de la cité médiévale. C’est à pied qu’elle s’apprécie, en prenant son temps de lever la tête, de s’aventurer dans une petite ruelle, de se perdre en suivant ses pas. L’office du tourisme se trouve dans l’ancien Hôtel-Dieu, édifié en 1167 au pied de la cathédrale, et je vous conseille de vous garer non loin, sur la promenade Yitzhak Rabin qui constitue l’un des parkings gratuits de la ville haute. C’est d’ailleurs à partir d’ici, sur la place au pieds de la cathédrale, que je vous proposes de débuter notre visite de Laon.

Laon vue du ciel
Laon vue du ciel

A l’assaut de la montagne courronnée

Notre voyage au temps des moines et chevaliers débute sur la place du Parvis Gautier de Mortagne, où je vous invite à vous situer au centre, face à la cathédrale Notre-Dame de Laon. Quoi de mieux pour découvrir la cité médiévale qu’en commençant par admirer son joyau, tant ce chef-d’œuvre de l’architecture gothique sera continuellement visible au fil de vos déambulations. D’ici vous pouvez vraiment apprécier sa façade en quatre parties : ses trois porches abritant les portails aux nombreux détails, la rosace accompagnée de deux grandes fenêtres surplombées par une galerie, et enfin les deux imposantes tours tapissées de gargouilles. Impossible de manquer l’une des curiosités de cet édifice, les bœufs qui forment les arrêtes hauts des tours et qui donnent naissance à une légende locale (voir l’article présentant la ville pour plus de détails). Mais il y’en a une autre à découvrir, approchez-vous du porche central et regardé les deux sous la gargouille en forme d’hippopotame, l’un d’eux devrait vous dire quelque chose…. C’est Victor Hugo qui a été immortalisé lors d’une rénovation de la cathédrale. Il va de soi que je vous invite fortement à visiter son intérieur.

Jouxtant l’édifice à sa droite l’ancien Hôtel-Dieu de Laon, construis au XIIe siècle. Son premier étage abritait les malades venus se faire soigner par les chanoines, aujourd’hui il accueille l’office du tourisme et une magnifique maquette de la ville au XIXe siècle, mais aussi en levant un peu les yeux quelques peintures médiévales. En étant de nouveau face à la cathédrale si vous vous retournez vers la gauche vous verrez un bâtiment en deux parties dont l’une a un toit en brique rouge. C’est l’ancienne église Saint-Martin-au-parvis dont la partie avant est une nef de style roman qui date du XIIe siècle et à l’arrière le chœur style gothique du XVIe siècle. Sa façade est plus visible quand on emprunte la petite ruelle coupe-gorge devant elle, mais c’est par-là qu’on reviendra sur la place pour terminer le tracé !

Église Saint-Martin-au-Parvis de Laon
Office du tourisme de Laon
Cathedrale Notre-Dame de Laon
Cathedrale Notre-Dame de Laon
Cathedrale Notre-Dame de Laon
De nouveau face à la cathédrale, prenez la petite rue qui part sur sa gauche vers des parkings et commençons notre périple.

La pointe est de la butte

Tout en profitant de la vue sur la cathédrale et certaines de ses gargouilles, traversez le premier parking pour rejoindre le suivant. D’ailleurs en passant l’abri-bus regardez le long du bâtiment à gauche vous devrez découvrir une première peinture de C215, « Pierre Paulin ». Avancez ensuite jusqu’à la grille du palais de justice, qui prend place dans l’ancien palais épiscopal reconstruit en 1112 après un incendie et modifié de nombreuses fois depuis. En levant la tête vers la cathédrale, vous pourrez avoir un aperçu de la rose nord dédié aux arts libéraux. De l’autre côté du parking se trouve la salle de spectacle de la M.A.L. qui loge dans l’ancien Hôtel-Dieu qui remplaça celui du parvis à partir du XIIIe siècle. Aujourd’hui il n’en reste que les façades rénovées au 17e siècle et une porte. Avancez jusqu’au bord des remparts près des escaliers qui descendent sur la promenade Yitzhak Rabin pour profiter d’un premier panorama sur la région du Laonnois.

D’ici vous pouvez voir en contrebas la ville basse plus récente avec sa gare, sur la droite le pont de Vaux construit en 1926 et dans son prolongement le village de Chambry. À l’horizon c’est un exemple typique de la plaine agricole axonaise avec des champs à perte de vue dont seuls quelques bosquets, villages et hameaux fermiers viennent se détacher. Une vue que vous pourrez apprécier durant quelques mètres en suivant les remparts qui longent l’ancien palais épiscopal, appelé la promenade Barthélémy de Jur. Chemin faisant, n’hésitez pas à vous retourner pour découvrir l’édifice et ses trois tourelles en encorbellement, mais aussi l’arrière de la cathédrale. Le grand bâtiment de logement quelques mètres plus loin est l’ancien séminaire, dernier site de la ville haute à avoir été classé monument historique en 2005. D’ailleurs si vous regardez le paysage et ciblez la partie forêt directement à gauche de la gare vous pourrez voir dépasser des arbres des bâtiments, c’est l’ancienne rotonde ferroviaire qui est la plus récente inscription aux monuments historiques en 2015, mais malheureusement elle est laissée à l’abandon total.

Ancien palais épiscopal
Remparts nord
Vue depuis le rempart Nord de Laon

Vue depuis le rempart Nord de Laon

Une fois arrivé au bout des remparts, empruntez la rue à droite jusqu’au rond-point, puis à celui-ci partez à gauche vers la citadelle  construite au XVIe siècle, dont vous pouvez apprécier à droite la porte Henri IV, lieu de départ de la visite des souterrains. Suivez le mur qui descend à l’opposé de la porte, sur la gauche de la citadelle vers la promenade Yitzhak Rabin, vous verrez au bout sur la muraille une poutre de pierre. C’est une dame, un obstacle cylindrique dans le but d’empêcher tout assaillant de cheminer sur la muraille.

Continuez de descendre comme pour retourner vers la cathédrale en suivant les remparts, dont on a une première belle vue avec l’ancien palais épiscopal. Puis en arrivant au niveau du début des parkings, à la fin du petit rempart sur votre droite, bifurquez sur le chemin qui s’éloigne de la cathédrale en longeant par le bas la citadelle. C’est la promenade du Rempart du Nord puis celle de la Citadelle. Suivez ce chemin tout du long tout en appréciant les fortifications de la citadelle, avec notamment l’échauguette ronde au Sud-Est, endroit du tracé où vous aurez une vue imprenable sur la cité du quartier Champagne et la route vers Reims. La suite est tout indiquée, suivez les fortifications de la citadelle puis lorsque vous arrivez à la route qui la sépare des murailles de la ville, traversez pour vous engager sur la promenade de la Couloire suivant ces dernières.

  • La Citadelle de Laon est une fortification bâtie de 1595 à 1598 en réponse à la reprise de la ville par Henri IV après son siège. Elle a la particularité d’avoir ses défenses en partie tourner vers le centre de la cité et utilise le tracé des anciennes murailles comme chemin de ronde, nécessitant la destruction de plusieurs quartiers dont un commerçant. À la mort d’Henri IV, la citadelle fut peu à peu abandonnée et au XVIIIe siècle de nombreuses maisons y étaient construites. C’est en 1835 qu’elle reprendra sa fonction militaire et verra des travaux pour la consolider.
  • Pendant la guerre franco-prussienne a eu lieu un événement assez incongru. Au moment de la signature de la reddition de Laon, le 9 septembre 1870, à la citadelle un garde d’artillerie française refusant la capitulation mis le feu à la poudrière qui explosa occasionnant plus de 200 morts chez ses compatriotes et 30 Prussiens. L’explosion entrainera des destructions dans la ville haute, la cathédrale perdant les vitraux de ses chapelles et d’une partie de ses rosaces.
Porte Henri IV
Dame sur les remparts de Laon
Promenade du Rempart Nord
Promenade du Rempart Nord
Le tour de la Citadelle de Laon

Des remparts sud à la porte d’Ardon

Lorsque vous entrez sur la promenade de la Couloire, vous apercevrez un socle de statue orphelin, si vous regardez bien vous pourrez découvrir une peinture de C215 sur Jean Mathieu Philibert Sérurier. Les fortifications sur ce secteur font partie des mieux entretenues de la ville. Longez-les jusqu’à rencontrer les escaliers qui vous permettront de rejoindre le chemin de ronde dont la vue montre pourquoi l’édification de fortifications sur la butte était un vrai atout défensif et stratégique. Suivez le tracé des remparts Guillaume de Harcigny dans le même sens que plus bas, en direction de l’arbre qui fait l’angle avec des parkings, qui vous donnera un très bon point de vue sur la porte d’Ardon et le sud du Laonnois. On y observe que Laon est réellement une ville où la nature est fortement présente, notamment avec la cuve Saint-Vincent visible à la suite de la porte. Mais pour le moment quittez les remparts en vous engageant dans la rue du Pavillon des Oeuvres, celle qui part à droite après les arbres, histoire de zigzaguer dans les rues peuplées de maison et hôtels particuliers de différentes époques.
Remparts sud
Remparts sud
Porte d'Ardon à Laon
Chemin de ronde
Les remparts sud
Au bout de la rue, tournez à droite pour la suite, toutefois si vous voulez à gauche à quelques mètres, au 38, il y’a la porte d’un ancien hôtel particulier du XVIIe siècle. En prenant à droite donc d’autres sont visibles en remontant la rue, comme l’hôtel du petit Val Saint-Pierre, en face du 47, avec un portail datant de la fin du XVe siècle. Un peu plus loin vous croiserez sur votre gauche un parc avec la partie arrière d’un édifice apparent, c’est la chapelle des Templiers et c’est notre prochaine destination. Continuez dans la rue jusqu’à arriver à la première intersection avec un panneau stop. Juste avant le croisement se trouve l’ancien couvent du Val des Écoliers, d’abord hôpital Saint-Nicolas de Cordelle au XIIIe siècle, un lieu d’accueil pour étudiants pauvres. Le porche visible date de travaux réalisés par les religieux Minimes en 1741. Une fois arrivé au stop partez à gauche et remontez la rue Georges Ermant jusqu’au musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon, que je vous invite à visiter, et la chapelle des Templiers de style roman édifié vers 1140. Installé dans l’ancienne commanderie des Templiers, les expositions rassemblent plus de 2000 œuvres qui permettent un voyage archéologique et artistique dans l’histoire régionale, mais aussi les civilisations du bassin méditaréennes.

En sortant de la cour du musée, prenez la ruelle des Templiers directement en face, puis au bout à gauche sur la rue du Cloître. Vous devriez repérer un édifice bien connu, la cathédrale dont vous vous approchez par le Sud-Est et dont vous pourrez découvrir la façade sud et son cloître du XIIe siècle après quelques mètres. Suivez la première à gauche, la rue pourrier, et en la descendant levez bien les yeux. Vous verrez deux cheminées de pierre d’époque médiévale qui surplombent une ancienne maison de chanoines, bâtie au XIIe siècle c’est l’une des plus vieilles de Laon. En sortant de la ruelle, traversez le parking pour prendre la rue Enguerrand Quarton qui redescend vers les remparts et la porte d’Ardon.

Maison à Laon
Ruelle à Laon
Ruelle à Laon
Le musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon
Le musée d’Art et d’Archéologie du Pays de Laon
Plus vieille maison de Laon

Fin de la première boucle

Une fois arrivé à la porte d’Ardon, franchissez la et arrêtez-vous devant elle pour profiter de ce monument architectural et des murailles qui en partent. La porte d’Ardon est attestée dès le Xe siècle, mais a probablement subi des reconstructions au XIIIe siècle, à l’époque où la cité est entourée d’un rempart continu et un palais du Roi est tout proche. L’édifice a alors le nom de porte royale et était doublé par la présence d’un châtelet, aujourd’hui disparu, bâti un peu plus bas. Devant la porte se trouvent des escaliers qui descends sur la chaussée en contrebas et en prenant le passage piéton, vous arriverez à une curiosité ; un abreuvoir doublé d’un lavoir couvert, aménagé au XIXe siècle.
Porte d'Ardon

La porte d’Ardon

Continuez en suivant cette route en remontant vers la ville haute, à quelques mètres vous rencontrerez le banc avec un point de vue sur le Laonnois en direction de Soissons. Un peu plus loin, juste avant d’arriver au niveau de la petite église, regarder la muraille de l’autre côté de la route vous y verrez une singularité. Le rempart réutilise le mur et sept contreforts de l’ancienne église Notre-Dame-la-Profonde du XIIe siècle dont c’est les seuls vestiges après sa destruction en 1590. Après le virage vous pourrez découvrir l’ancienne porte de l’abbaye Saint-Jean, fondée en 648, elle sera détruite lors de l’incendie de la ville en 1112. Elle abrite actuellement la préfecture que vous pourrez apercevoir en continuant de suivre la route bétonnée qui monte jusqu’à la prochaine intersection où il faudra partir à droite. Mais avant de traverser, prenez le temps de vous arrêter pour admirer le point de vue sur la cuve Saint-Vincent et cette verdure au cœur de la ville de Laon. Vous pouvez d’ailleurs observer l’église Saint-Martin où nous nous rendrons plus tard.

Traversez la rue pour prendre celle qui longe les grilles de la préfecture, la rue de Signier, puis la première à gauche sur la rue Clerjot. Juste avant le bout de la rue, vous verrez une grande porte du XVIIe siècle qui appartenait à l’ancien hôtel des Hospitaliers. Tournez à droite puis la prochaine à gauche pour rejoindre les proximités de la place du parvis. Nous venons de terminer la première boucle et partie de cette découverte de la ville haute de Laon, mais il reste encore à voir !

Lavoir à Laon
Ancienne église à Laon
Point de vue sur le sud du Laonnois
Rue à Laon

De la cathédrale à l’abbaye Saint-Vincent

Reprenez le tracé de la promenade où vous étiez revenus à la place du parvis et engagez vous sur la rue Châtelaine. C’est une rue piétonne aux nombreux commerces et restaurants. Lorsque vous quittez la petite place du marché aux Herbes pour vous y engager, vous verrez une boite aux lettres avec un orang-outan sur le mur, regardez bien vous y découvrirez aussi une œuvre de C215. Au bout de quelques mètres, vous apercevrez sur votre droite des arches en avant d’une boutique, c’est l’ancien auditoire de justice de l’évêque qui date du XIIe siècle et refait au XVIe siècle. Vous trouverez dans cette rue quelques fresques trompe-l’œil de Pierre Grenier et prenez bien attention aux différentes venelles à votre gauche pour ne pas manquer un moine vous observant. Cela marque l’entrée de la ruelle des Neufliers et d’une fresque retraçant les personnages qui ont côtoyé l’histoire de la ville. Faites l’allez-retour pour voir toute la longueur des peintures puis reprenez le chemin sur la rue Châtelaine.
Rue Chatelaine
Rue Chatelaine
Rue Chatelaine
Rue Chatelaine
Rue Châteleine
Une fois arrivé au bout de la rue piétonne continuer dans la même direction sur le trottoir d’en face et avancer jusqu’à rencontrer sur votre gauche une nouvelle petite venelle entre deux bâtiments, juste avant le restaurant « Les Chenizelles ». C’est la porte des Chenizelles, descendez-la et prenez directement l’artère pavée à droite, n’hésitez pas à vous arrêter pour profiter de cet édifice. Très belle porte de la fin du XIIe siècle, elle a vu l’installation au XVIIe siècle d’un chemin de ronde extérieur soutenu par des consoles de fer encore visibles aujourd’hui. C’est à partir d’ici que je vous propose un premier itinéraire secondaire qui vous emmènera découvrir la cuve Saint-Vincent.
  • La Cuve Saint-Vincent est une sorte d’oasis campagnarde entre deux bras de la ville haute. Vous pouvez la découvrir en suivant un itinéraire seconde d’un kilomètre 3, mais attention au fort dénivelé. En sortant de la porte des Chenizelles tournez directement à gauche, puis la première a droit qui vous fera emprunter une des grimpettes. Tout en descendant, vous pourrez apprécier la nature forestière du bas des buttes. Arrivé en bas, prenez à gauche sur le chemin des Fonds Saint-Jean, une nouvelle fois à gauche pour rejoindre le chemin des Froids culs, nom donné, car à l’ombre de la butte il y fait souvent très froid. Le chemin remonte sur votre droite proche de l’abbaye Saint-Vincent.
En sortant de la porte des Chenizelles prenaient donc la rue pavée à droite qui descend et suivez là tout du long, elle finira par perdre ses pavés en remontant plusieurs mètres plus loin vers de nouveaux remparts. Continuez dans cette direction, soit en gravissant les escaliers permettant d’emprunter le chemin de ronde, cela offre une très belle vue sur la cathédrale et les toits des maisons médiévales. Soit en suivant la rue actuelle qui longe le rempart. Dans les deux cas il vous faudra ensuite prendre la rue qui tourne en un long virage sur votre gauche.

Vous devriez apercevoir au loin une muraille et des bâtiments en brique rouge, il suffit de toujours suivre la rue dans ce sens de circulation, en s’éloignant du centre de la cité médiévale pour vous diriger plein sud. Vous longerez d’abord un rempart de brique puis à la prochaine intersection, continuez dans cette direction pour passer face au grand édifice. Vous pouvez voir devant un monument érigé en hommage aux 3 instituteurs fusillés après l’explosion de la citadelle en 1870. Poursuivez jusqu’au bout des terrains de sports à votre gauche, c’est ici que ceux suivant l’itinéraire secondaire de la cuve Saint-Vincent remonteront.

Porte des Chenizelles
Vue typique sur la Cathédrale de Laon
Laon
Monument aux instituteurs fusillés à Laon
La rue continue en un virage vers la gauche en direction de l’abbaye Saint-Vincent, offrant un magnifique panorama sur la cathédrale et la cité médiévale au cœur de la butte de verdure. En continuant de vous avancer sur la rue partant à gauche vers les murs de l’abbaye, vous verrez un discret escalier qui descend entre les arbres, c’est un autre itinéraire bis qui vous permettra de suivre les remparts de l’abbaye Saint-Vincent au fil de la promenade de la Madeleine. Attention toutefois elle est par moment pas facile d’accès en cas de pluie et à la pointe Est où un dispositif maintenant une tour prend beaucoup de place. La promenade de 20 minutes est sympathique et juste, cela fait qu’on ne voit pas l’abbaye, même si le seul bâtiment visible à une grande distance derrière des barrières est le logis de 1771 en ruine et laissé à l’abandon depuis l’incendie de 2008. Pour ceux ne faisant pas le tour de la promenade de la Madeleine, continuez jusqu’au portail d’où l’on voit les ruines de l’abbaye, puis suivez la rue jusqu’à la prochaine intersection, prenez à gauche, c’est ici que la promenade de la Madeleine débouche, puis empruntez la rue en face en sens interdit pour rejoindre un grand espace de verdure, la batterie Morlot.
Abbaye Saint-Vincent
Abbaye Saint-Vincent
Laon

De la batterie Morlot à la porte de Soissons

À la pointe sud de la butte laonnoise se trouvent les vestiges de la batterie Morlot, qui tient son nom du mont où elle a été construite. C’était un poste d’observation et de communication optique vers les autres forts du secteur laonnois (voir encadré ci-dessous). Je vous invite à monter dessus pour profiter d’un grand panorama à 360° sur les collines verdoyantes du Laonnoix qui grimpent au sud vers les plateaux du Chemin des Dames avec à l’extrême gauche la route de Reims et à droite celle de Soissons et Paris. On voit pourquoi Laon était un point clé important sur la route de Paris lors des différents conflits européens.
  • La Batterie Morlot est un ouvrage militaire construit en 1878 sur l’ancien emplacement d’un moulin. Position centrale du dispositif défensif du Laonnois décidé suite à l’humiliation de 1870, c’est un outil de communication avec les différents forts du secteur. Pour ce faire il était équipé d’un système optique dont les signaux, non visible depuis la plaine, devaient faire le lien avec les fort de Laniscourt, de Bruyères, de Montbérault, de la Malmaison et de Mayot. Toutefois l’apparition d’une nouvelle forme d’artillerie, utilisant la mélinite, rendra ce système de défense inutile et sera déclassé en 1912.
Redescendez de la batterie et empruntez la rue de gauche qui repart vers la cité médiévale. Elle s’appelle la rue des creutes, ce nom vient de cavité aménagée en habitations directement dans le versant de la butte dont vous pourrez apercevoir quelques exemples chemin faisant. Continuez sur cette rue jusqu’à l’intersection avec un mur de brique en face et suivez le chemin des creutes qui poursuit le tracé. Au bout des quelques dizaines de mètres, vous aurez le sentier qui laissera votre vue porter sur la route de Soissons et en contrebas la caserne Foch. Une fois arrivé à la fin du chemin, une fontaine dans la muraille sur votre droite, poursuivez jusqu’à voir à droite la porte de Soissons. Il y’avait à droite le Napoléon de C215, mais des travaux l’ont recouvert.
Batterie Morlot
Laon
Porte de Soissons
Porte de Soissons
Porte de Soissons

Chemin des remparts de la ville

La porte de Soissons était l’une des principales entrées à l’ouest de la cité. Elle était constituée du châtelet bâti au XIIIe siècle et en avant d’elle d’une barbacane dite de la tour Dame Eve, aujourd’hui surnommée la tour penchée. Une partie de la porte s’est effondré côté ville en 1895, découvrant l’organisation interne de l’édifice médiéval, ce qui est assez intéressant à observer. Remontez le chemin de pavés pour passer sous le porche et rattraper un peu plus haut les escaliers pour rejoindre la place Robert Aumont.

La place derrière vous, vous apercevrez de l’autre côté de la rue l’église Saint-Martin qui était intégrée à l’abbaye du même nom, qui est ouverte à la visite l’après-midi en été. Installé au début du XIIe siècle sur le site d’une ancienne collégiale carolingienne, elle était constituée d’un ensemble de bâtiment qui aurait accueilli plus de cinq cents moines à certaines époques, mais un bombardement en 1944 en a détruit un grand nombre. Traversez le carrefour et rejoignez le parc et sa façade pour profiter de l’édifice. En longeant le trottoir à partir de son parvis vous rencontrerez la porte d’entrée de l’ancienne abbaye, et après l’avoir passé, en face de vous le logis abbatial et à droite le cloître qui date du XVIIe et XVIIIe siècle et forme le hall de la médiathèque municipale. En faisant demi-tour pour repasser la porte, vous pourrez voir juste avant une autre peinture de C215.

Église Saint-Martin

Église Saint-Martin

Traversez la rue en face de l’église comme pour rejoindre la place d’où vous veniez, mais au lieu de retraverser le carrefour prenez la rue de la Libération qui descend le long des remparts vers la porte de Soissons. Arrivé en bas des murailles obliquez directement à droite pour les longer sur la promenade Saint-Martin, nous allons les suivre sur presque deux kilomètres. C’est un chemin assez agréable qui permet de profiter d’une vue sur les fortifications, d’ailleurs certaines viennent d’être réparées et rénovées suite à la chute d’arbres et quelques effondrements depuis 15 ans.

Au bout d’une centaine de mètres, vous verrez en dessous de la promenade un grand abreuvoir dit des Draons de la Reine qui faisait partie d’un ensemble de casernes bâties au XVIIe siècle pour loger des troupes de cavaleries. Aujourd’hui la plupart des bâtiments ont disparu et c’est le lycée Paul Claudel qui s’y dresse, les murailles qui suivent sur plusieurs centaines de mètres sont en dessous de son terrain. Lorsque vous êtes au niveau de l’abreuvoir, retournez-vous, deux maisons sont construites directement dans la muraille. Continuez de longer les remparts pour rejoindre la pointe ouest de la butte et prendre la promenade Saint-Just qui suit le tracé des fortifications en retournant plein est. Au bout de 800 mètres, vous rencontrerez le cimetière Saint-Just où est visible un monument aux victimes de l’explosion de la citadelle et 10 mètres plus loin un carrefour offrant la possibilité de suivre les remparts, de monter sur le chemin de ronde ou de rejoindre des rues dans la ville. Engagez-vous dans la rue en sens interdit qui part à droite entre les maisons pour retourner flâner dans la cité.

Les remparts de Laon
Les remparts de Laon

De retour dans les rues de la cité

Une fois la rue Carlier Hemecart remontée, tournez à droite sur la rue JFK. En arrivant sur le grand parking vous verrez de l’autre côté de la chaussée un terrain avec une bâtisse en L, c’est l’ancien hôtel du Petit-Saint-Nicolas, un groupe de 3 maisons achetées en 1376 par les Bénédictins pour en faire leur refuse. Modifier du XVIe au XVIIIe siècle vous pourrez profiter dans quelques mètres de sa belle façade avec de chaque côté une tourelle sur trompe. Mais d’abord, avancez jusqu’à la prochaine intersection à l’extrémité du parking et devant les bâtiments de briques de l’ancien couvent des Dames de la Congrégation Notre-Dame qui date du XVIIe siècle. Elle était devenue après la révolution une prison pour prêtre réfractaire avant d’être une maison d’arrêt et de justice jusqu’en 1973. En traversant la route pour rejoindre le square en face, vous découvrirez une fresque peinte par Ksy Boombies pour le centenaire de la guerre 14-18, puis passerez sous l’ancienne porte du couvent, dernier vestige de l’édifice d’origine.

Engagez-vous sur la rue du 13 octobre 1918, qui avance vers le centre-ville parallèlement à celle que vous venez de parcourir. À quelques mètres dans la première venelle à gauche vous pourrez découvrir une autre œuvre de C215 dédié à Jean Bodin, puis un peu plus loin la façade de l’ancien Hotel du Petit-Saint-Nicolas. En sortant de la ruelle vous arriverez sur un carrefour en Y, la suite sera en face, sur la rue Saint-Jean. Toutefois retournez-vous dans celle parvenant de droite pour apprécier l’Hôtel du Petit-Saint-Vincent avec sa façade ornée de deux tourelles et dont la cour est accessible pour découvrir ces corps de logis en équerre à la très belle architecture typique du XVIe siècle. En remontant de 10 mètres dans cette rue, il est aussi possible d’apercevoir une succession d’hôtel particulier datant du XVe au XIXe siècle.

La rue Saint-Jean est une des allées principales de la ville avec tous ces restaurants et bars. Tout en avançant dessus je vous conseille de vous arrêter au niveau de la ruelle à droite qui précède le restaurant le Trappist. Il y’a premièrement une nouvelle œuvre de C215, mais surtout en regardant vers le fond on découvre un édifice arrondi sortir des autres maisons. C’est l’arrière d’une ancienne église du XIIIe siècle qui a été vendu comme bien national après la révolution et dont la structure a été démonté sauf la partie visible devenue une maison, ceci est très évident quand on observe la vue satellite de son GPS. Après quelques mètres sur la rue Saint-Jean vous pourrez voir sur le côté gauche la peinture Saint-Exupéry de C215. Puis lorsque la chaussée laisse place à la rue du Bourg, traversez pour prendre le trottoir de gauche et continuez dans ce sens. Après avoir passé une première rue qui partait à gauche, regardez de l’autre côté de la route pour apprécier la grande façade d’un hôtel particulier reconstruite au XIXe siècle pour en faire une bibliothèque et un musée. En continuant dans cette direction, vous arriverez à la place de l’hôtel de ville.

Ancien Hotel du Petit-Saint-Nicolas
Rue Saint-Jean
Rue Saint-Jean
Ancienne église à Laon

De l’hôtel de ville à la cathédrale

Arrivé à la place de l’Hôtel de Ville, vous verrez en face de vous l’édifice principal construit à la place de l’ancien palais Royal au milieu du XIXe siècle. Sur la droite de ce grand espace, vous trouverez l’ancienne église Saint-Rèmi-au-Velours bâtie à la fin du XVIIe siècle, elle sera rachetée par la ville après la révolution pour la transformer en théâtre, détruisant ainsi son clocher. Empruntez le passage entre l’hôtel de ville et l’ancienne église pour rejoindre les remparts. Si vous le souhaitez, cherchez autour de l’arbre derrière une autre œuvre de C215 s’y cache. Arrivé au niveau des murailles deux routes s’offrent à vous, prenez celui du chemin de ronde sur la rue du rempart Saint-Rémi. Mais d’abord, regardez le pignon surmonté d’une tourelle, cette portion de maison date du XIVe siècle.
Maison du XIVe siècle
Street Art à Laon
Ancienne église

Tout en suivant la rue, profitez du point de vue sur la plaine agricole axonaise et une partie de la ville basse. Les rails que vous pouvez voir sont les derniers vestiges du Poma 2000, un prototype de funiculaire qui permettait de lier la gare en bas de Laon et le haut de la ville en 3 minutes 30, mais il a été fermé en 2016. Au bout de quelques mètres, prenez la première venelle à droite dite du Chemin de fer, vous y trouverez un panneau retraçant la révolte de 1112. À la fin de la ruelle, tournez sur votre droite sur quelques mètres pour découvrir les restes de la porte monumentale de l’ancien Hôtel de Ville du XVIIIe siècle. Faites demi-tour et remontez la rue du Serurier, passez la première ruelle à droite et un peu plus loin, vous verrez une autre porte, nommée de la Bouvelle, qui date du XVe siècle. Refaites quelques pas en arrière et engouffrez-vous dans la venelle coupe-gorge nommé Pierre Abélard qui vous permettra de revenir au point de départ de notre itinéraire en retrouvant la façade de l’ancienne église Saint-Martin-au-parvis puis sur la place du parvis Gautier de Mortagne.

Rue des Serurier
Ruelle coupe-gorge
Porte de l'ancien Hôtel de Ville

Fiche pratique

Type de tracé  : à pieds sur rue pavé, rue avec trottoire (chemin de terre pour les itinéraire secondaires) 
Difficulté :
Durée moyenne : un peu plus de 3 heures
Distance : 10 km (compter 11 km avec les itinéraire secondaire)
Equipement conseillé : aucun
Retour au point de départ ? : oui
Animaux autorisé : oui, en laisse

Albums photos :

  • 21/05/2015 : Promenade Laon (Hors-ligne)
  • 03/09/2019 : Promande Laon (Hors-ligne)
  • 07/03/2024 : Promenade Laon (Hors-ligne)
Situation : Laon, Aisne, Haut-de-France, France
Coordonnée GPS : 49°33’50″N / 3°37’28″E
S’y rendre : en voiture, à 1 h 30 de Paris, en train même durée
Quand visiter : tout l’année, une préférence pour le printemps et l’été

Activité : marche, visite de monuments et musée, fête médiévale
À voir : cathédrale, remparts, porte d’Ardon, musée municipal, rue châteleine…
Tarif : gratuit, visites guidées payantes (9€ les souterrains, 7€ la cathédrale et la cité médiévale)
Se restaurer : de nombreux restaurant allant du kebab au restaurant de cuisine locale.
Où dormir : hôtel, camping municipal, auberges.
Événement s’y déroulant : fêtes médiévales, Montée historique, Jazz’Titude…
À voir aux alentours : le chemin des Dames, vallée de l’Aillette,  forêt de Saint-Gobain, villages du Laonnois…
Renseignements : Office du tourisme du Pays de Laon, place du Parvis Gautier de Mortagne 02000 Laon
03 23 20 28 62 ou le site de l’office du tourisme

Liens utiles

J’espère que cet article aura su vous proposer une visite intéressante pour découvir la ville de Laon.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me laisser un commentaire.
À très vite pour d’autres découvertes de ce genre !

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